Pendant la dernière décennie, les dimensions de la crise alimentaire mondiale, qui ne cesse de s’aggraver, sont apparues brutalement comme le plus sérieux des problèmes de l’humanité. Nous vivons actuellement la pire des famines de l’histoire et la situation va empirant tous les jours. On estime que la mortalité d’origine alimentaire, par malnutrition ou dénutrition, tue entre 15 et 20 millions de personnes par an (45 à 60 000 par jour) et que plus de la moitié sont des enfants de moins de 5 ans.
Selon la FAO, il faut compter en plus quelques 400 à 500 millions d’enfants, dans les 60 nations les plus pauvres, qui souffrent d’une telle malnutrition chronique que leur croissance et leur capacité mentale sont retardées de manière permanente. Plus du quart des habitants de la terre doivent affronter une faim inévitable pendant plusieurs mois de l’année.
Les experts sont prompts à souligner que le nutriment clé qui manque le plus est protéique. La faim mondiale est donc d’abord protéique, ceci principalement pour les enfants qui ont besoin du pouvoir bâtisseur des protéines.
On est bien conscients que la situation n’a pas de solution aisée, mais on est unanime à reconnaître que la graine de soja est une source de protéine fondamentale pour le futur. Pourquoi ? Principalement du fait que la production de soja apporte plus de protéines à l’hectare qu’aucune autre culture au monde. Environ 30 à 50 % de plus en moyenne que le riz qui vient en seconde place, et près de 30 fois plus que si la terre est consacrée à l’élevage ou à la culture de fourrages pour du bétail, avec des rendements en lait et en viande de moyennes européennes. C’est un fait de plus en plus important quand on sait que les surfaces cultivables vont en se raréfiant.
La FAO estime qu’un hectare de soja produit assez de protéines pour nourrir un homme normalement actif 5 560 jours. On peut comparer le chiffre aux 192 jours de nourriture que peut assurer l’hectare de pâture. La graine de soja fut pendant près de 2 000 ans, l’épine dorsale du régime alimentaire de l’Extrême Orient. C’est maintenant une importante part du moyen de vivre de plus d’un milliard d’hommes. Formée d’environ 40% par une protéine de haute valeur nutritive (plus qu’aucun autre aliment végétal ou animal) qui comporte les huit acides aminés essentiels, elle est appelée à juste titre en Orient « La viande des champs ». du point de vue alimentaire, la quantité de protéines assimilables qui est contenue dans 100 ml de graines sèches est la même que ce que donne un steak de 150 grammes.